frédéric marro

Edgar Edgar

Route de la Glâne 16

Frédéric en quelques mots…

Frédéric Marro, Fribourgeois né à Fribourg en 1968, est un passionné de vieilles mécaniques, passion qu’il partage aujourd’hui à travers son nouveau concept store Edgar Edgar, situé à la route de la Glâne. Après un apprentissage en sérigraphie, c’est vers la photographie qu’il se tourne à 23 ans, en effectuant son apprentissage chez le photographe Christian Coigny à Lutry. Formé à l’esthétique du noir blanc en lumière naturelle plutôt qu’en technique pure, Frédéric aura notamment tiré de cette expérience d’apprentissage, le goût du travail artistique personnel, la recherche de l’esthétique de l’image. A la sortie de son apprentissage, Frédéric alterne mandats photographiques avec petits jobs à côté pour pouvoir continuer ses travaux personnels et ses expositions. Puis après plusieurs années à ce rythme, un mandat fixe auprès de la BCF l’encourage et le pousse à passer à une carrière de photographe à plein temps. Mais témoin d’un métier fragilisé par la démocratisation de cet art, et par un besoin d’un nouveau départ de vie, respectivement de nouveaux défis, Frédéric décide fin 2015, de réaliser un de ses rêves et projet de vie: créer un univers dédié à l’esthétique des vieilles mécaniques et à tout ce qui tourne autour, en y intégrant l’esthétique de l’image, métier de photographe oblige. Et choisir la moto comme engin de prédilection, non seulement par passion pour l’objet, mais aussi parce que plus abordable que les voitures et autres engins mécaniques plus grands.

La moto ou le besoin d’évasion et de liberté

Pourquoi soudainement cette intégration du monde de la moto avec celui de l’image? Figurez-vous que la moto prit une place tout aussi importante dans la jeunesse de Frédéric que la photographie. En effet, adolescent, un ami d’apprentissage et d’un an son aîné, lui prêta sa moto pour qu’il puisse passer son permis. Une première expérience lui procurant ce sentiment de liberté qu’un boguet ne pouvait pleinement atteindre, et liberté du « Easy Rider » similaire à celle que lui procurait l’équitation avant qu’il puisse commencer à chevaucher des équidés mécaniques. Durant ses années d’apprentissage auprès de Christian Coigny à Lutry, Frédéric s’est offert sa première moto, une BMW de 68. De quoi faire de la route, et bien entendu, dans un souci d’évasion de l’esprit, sans forcément prendre les lignes droites, mais plutôt volontairement emprunter les détours pour mieux en profiter.
Aujourd’hui, cette passion de la vieille mécanique, celle du « Gentleman Rider », c’est en créant l’univers d’Edgar Edgar que Frédéric la vit. La boutique qui a ouvert ses portes il y a un an tout juste, s’est d’abord concentrée sur les belles motos, en cherchant des partenaires avec qui créer une relation de confiance pour la mise en avant de leurs bolides. Avec un système de tournus tous les quatre à cinq mois, Edgar Edgar en voit passer de ces beaux engins. Petit à petit, la boutique a voulu miser plus que sur le mobilier industriel design et les images exposées pour accueillir une collection grandissante d’accessoires homme et femme, rentrant dans le thème général « Gentlemen & Ladies » plutôt que « accessoires moto », mais sans vouloir non plus jouer la carte concurrence à l’assortiment d’équipement moto de garages ou à celui de boutiques de mode. Pour ce faire, Frédéric mise sur une sélection pointue de marques prestigieuses, s’assurant qu’elles ne se sont pas faites prendre dans le filet de grands distributeurs d’une part, et en s’assurant de l’aspect éthique d’autre part. Point essentiel effectivement chez Edgar Edgar. Que ces beaux objets proviennent d’entreprises éthiques produisant localement et derrière qui, il y a des gens et une histoire.

De l’esthétique de l’image à l’esthétique des vielles mécaniques

Edgar Edgar, c’est une idée qui trottait déjà depuis quelques années dans la tête de Frédéric. Convaincu de vouloir passer à autre chose, le rêve de créer un tel univers fait son chemin mais se butte à différentes complications. Frédéric prépare cependant le terrain dans une volonté de pouvoir présenter une vision plus concrète de son projet à qui de droit. Contact avec les fournisseurs pour les motos, avec des brocanteurs pour la décoration, Frédéric se rappelle avoir échangé avec un brocanteur d’Estavayer, spécialisé dans les brocantes mécaniques. C’est quelques années plus tard, alors en promenade à Estavayer avec sa compagne, que Frédéric croise ce brocanteur qui lui demande où en est son projet. Frédéric partage alors ce dernier avec sa compagne qui l’encourage à le réaliser aussitôt. Nous sommes fin 2015, et le projet est en cours d’élaboration pour sortir de terre huit mois plus tard.
Le choix du lieu, son désormais ancien atelier photo, n’est pas seulement une question pratique, Frédéric ayant cherché différents endroits préalablement. C’est aussi l’idée d’un renouveau, de couper le fil d’une carrière axée exclusivement sur la photographie, d’y ajouter quelque chose de différent, et de réaliser cette ambition que son passé a eu tendance à freiner. Finalement, il s’agissait de fusionner sa passion pour l’esthétique de l’image, que son maître d’apprentissage lui a transmise, avec l’esthétique des vieilles mécaniques et l’élégance du monde d’où elles proviennent. Et c’est bien ceci qui fait toute la particularité des lieux. Derrière le portail d’Edgar Edgar, le studio photo a bien fait place à une grande pièce qui vous fait voyager dans l’élégant univers des pilotes de mécaniques d’antan, qu’elles soient sur deux roues, sur quatre ou encore ailées. Un univers que l’on connaît de grands classiques du cinéma en noir blanc, mais pourtant bien coloré, qu’il s’agisse de la couleur métallique des bolides ou de la couleur du cuir de certains vêtements. Un univers où l’on ressent bien que c’est un oeil de photographe qui a aménagé et agencé les lieux, ne laissant ainsi au visiteur que la seule possibilité de s’émerveiller de l’esthétique qui en ressort. Bref, un univers à découvrir dans tous les cas, amateur de moto ou pas.

Fribourgeois car…

Avec un tel concept store, Frédéric aurait pu très bien choisir de tenter l’aventure dans une « grande ville ». Mais au-delà de la question des moyens nécessaires pour y parvenir, Frédéric ne voit pas pourquoi Fribourg, de par sa plus petite taille, ne pourrait pas accueillir de tels projets. « L’envie de partir n’a été là qu’avant de partir ». Son apprentissage en terres vaudoises et ses courts séjours à New York et San Francisco auraient pu lui donner cette envie qui fut même un rêve à un moment donné. Mais sa vie a été faite ici, à Fribourg, et c’est naturellement qu’elle y continue son cours. Ce que Frédéric apprécie surtout de Fribourg, c’est qu’en tant que petite ville, elle offre tout d’une grande, qu’au niveau culturel, plein de choses se passent, et qu’elle regorge de belles personnes aux beaux projets. De plus, c’est une ville qu’il estime ne pas avoir été transformée avec le temps, une ville qu’on « reconnaît bien » grâce aux diverses mesures de protection du patrimoine notamment. Une ville qui « bouge beaucoup » et dont Frédéric contribue à l’engrenage de sa modernisation et de son essor.