caroline caron

L'Atelier du Verger

Grand-Rue 9

Caroline en quelques mots…

Caroline Caron est une Fribourgeoise née à Fribourg en 1969, et vous confectionne depuis plusieurs années, d’incroyables savons artisanaux que l’on peut trouver notamment dans son Atelier du Verger à la Grand-Rue 9, parmi d’autres produits artisanaux et articles de décoration. Née d’une mère ch’ti amoureuse de la Provence, et d’un père broyard, Caroline a récupéré la passion de sa mère, mais pas forcément sa volubilité, ayant plutôt opté pour le côté plus posé de son père. Attitude et bonté effectivement très humbles que j’ai pu constatées lors de ma première rencontre. Et le tout influence clairement l’état d’esprit des lieux.

Une histoire de famille

À la fin de l’école, Caroline se tourne vers un apprentissage d’assistante en pharmacie, chez Bertrand Deschenaux à la pharmacie du Bourg, dans un esprit de curiosité sans pour autant se projeter dans une carrière dans ce domaine. Déjà probablement naturellement attirée par la confection artisanale, sans trop le savoir, Caroline s’occupe également à l’époque, de la décoration du magasin, un autre aspect qu’elle affectionne beaucoup. Mariée jeune et très vite maman de quatre enfants, elle diminue petit à petit son taux de travail. Rattrapée par ce besoin de confectionner, de faire des choses plus manuelles qu’elle exprime initialement à travers la couture, Caroline rejoint sa maman dans la gestion de sa boutique La Maison Provençale, installée dans le quartier de Beaumont, puis déménagée dans le centre Agy à Granges-Paccot. D’abord au rythme de petits coups de main, Caroline récupère de plus en plus de tâches avant de reprendre la boutique familiale en la ramenant dans le quartier de Beaumont. Là, elle commence à s’intéresser aux produits artisanaux, dont notamment les savons naturels. Et en 2014, un de ses frères tombe sur ce petit post-it indiquant que le local de la Grand-Rue 9 se libère. Caroline revient ainsi dans le quartier où elle a commencé sa carrière, et La Maison Provençale devient alors l’Atelier du Verger.

Toujours dans la ligne directrice de La Maison Provençale et sa gamme de produits proposés, Caroline tombe un jour sur le documentaire Green (2009) de Patrick Rouxel sur les aspects néfastes de la production et consommation de l’huile de palme. Problème qu’elle connaissait déjà, mais là, émergence d’un véritable déclic pour l’envie de confectionner elle-même des savons et autres produits cosmétiques se passant de cette huile de palme et de composition exclusivement naturelle. Elle trouve alors une formation de savonnière sur Payerne, et se lance dans sa propre gamme de produits grâce au soutien de sa famille et de ses proches. D’abord confectionnés à la maison dans une chambre d’un des enfants partis, tout le monde s’y colle. Juliette, une des filles, s’est occupée de la magnifique ligne graphique, tandis qu’Emmanuelle, Sébastien et Antoine, les trois autres, ont régulièrement participé aux séances d’étiquetage et d’emballage en famille. Puis une autre chambre est investie, ça commence à déborder un peu, le besoin d’un atelier se fait pressant. Elle trouve alors il y a quelques temps, un local à Avry-Bourg dans lequel elle peut désormais plus facilement gérer une production toujours plus grandissante à l’aide de ses deux partenaires, toujours de la famille et de son entourage : Pascale, la belle-soeur infirmière anesthésiste formée en aroma-thérapie qu’elle a initiée à la saponification à froid, et Florence, la voisine laborantine spécialisée dans les autres produits de cosmétique proposés. Une histoire de famille donc, et un succès que Caroline estime devoir en premier lieu, au soutien inconditionnel de son mari Olivier, non seulement pour cette aventure, mais aussi tout au long de leur parcours de vie, pour l’avoir encouragée et avoir toujours cru en elle. Une histoire de famille, qui fait qu’aujourd’hui, ses produits viennent régulièrement remplir le meuble central de la boutique à la Grand-Rue, pour le plaisir d’une clientèle souvent jeune à la recherche de produits alternatifs respectueux de l’environnement et du corps, mais petit à petit, par l’effet de bouche à oreille, de tout âge.

Tombée dans la marmite de la savonnière

Cette nouvelle vocation que Caroline mène au sein de son enseigne est très vite devenue une passion et une philosophie de vie. « Je vis savon, je rêve savon, et suis tout simplement tombée dans la marmite de savonnerie ». Car dans la confection de ces savons, Caroline se retrouve très vite dans un univers qui devient le sien, et dans lequel inspiration et évasion sont à leur comble. « Dès que je suis dans l’atelier, je sais plus quelle heure il est, et souvent, quand j’arrive, je ne sais pas ce que je vais faire, mais tout de suite, je trouve l’inspiration. » Une inspiration qui l’emporte dans différentes dimensions olfactives tant au niveau du choix des huiles essentielles que de celui des produits naturels qui peuvent s’avérer de provenir de son propre jardin. « C’est quelque chose d’extrêmement créatif, et d’infini au niveau des combinaisons possibles grâce à cette possibilité de mélanger tout ce que la nature a à offrir ». Et Caroline est catégorique: « une fois que tu commences à sentir ces parfums d’huiles essentielles, tu ne peux plus revenir en arrière avec les odeurs chimiques ». Au point d’avoir converti la famille qui a troqué les flacons de pétrole pour les savons faits maison.

Fribourgeoise car…

Comme la plupart des Fribourgeois nés à Fribourg et présentés dans cette série de portraits (et probablement comme encore beaucoup d’autres), Caroline a toujours été d’ici et ne s’est jamais vraiment posée la question d’un ailleurs. L’esprit villageois de la ville aux dimensions telles que le bouche à oreille peut réellement fonctionner, est un des aspects clés qui fait que Caroline s’y sent bien. Avec en plus l’esprit de quartier, où les clients peuvent tout à coup prendre le statut de connaissances, voire d’amis. Et cet esprit-là, Caroline en fait également une manière de travailler. Ses diverses collaborations locales, de l’impression de contenu aux fournisseurs d’huiles essentielles s’inscrivent dans son intention d’un commerce durable, attitude que l’on retrouve de plus en plus dans d’autres commerces, et que l’on espère voir faire davantage d’émules.