carole gauthier

À livre ouvert

Rue Pierre-Aeby 27

Carole en quelques mots…

Carole Gauthier, Fribourgeoise d’adoption née en 1990 à Saint-Dizier en Haute Marne en France, est une restauratrice de livres et documents anciens. Diplômée de l’École de Condé avec un Master en conservation-restauration du patrimoine et d’un Certificat en reliure, Carole ouvre son premier atelier « Le verbe et l’objet » en 2014 à Lyon en France. Deux ans plus tard, elle s’installe en Suisse rejoindre son compagnon à Bienne avant d’emménager à Fribourg, ville dont elle tombe tout de suite amoureuse. Fraîchement arrivée en mars 2016 à Fribourg, après avoir fermé son premier atelier à Lyon quelques jours avant, Carole s’installe dans la cité des Zaehringen à la rue Pierre-Aeby, où elle trouve par chance, un local au format atypique mais idéal pour ouvrir son nouvel atelier. Car malgré la peur du risque de tout quitter du jour au lendemain pour une toute nouvelle aventure, et consciente de l’absence de travail dans son domaine à Fribourg, c’est dans un esprit « tête baissée » qu’elle décide de s’installer coûte que coûte à Fribourg, objectif fixé, « soyons fous » ! Aujourd’hui, Carole opère principalement dans son atelier pour des mandats de reliure et/ou de restauration de livres et documents anciens. Mandats privés ou mandats de différentes institutions dont la Bibliothèque cantonale et universitaire, le couvent des Cordeliers, les Archives de l’État, le Musée gruérien de Bulle, le futur Musée de la cuillère en bois de Pringy, et le Vitromusée de Romont en tant qu’externe.

Un livre toujours entre les mains

Depuis toute petite, avant même de savoir lire, Carole avait toujours un livre entre les mains, se rappellent ses parents. D’abord pour l’objet en soi, et puis, en âge de lire, aussi pour le contenu: « Quand j’ai appris à lire, c’était magique de voir que les lettres constituaient des mots qui a leur tour constituaient des phrases. » Mais Carole lit avant tout pour lire, favorisant l’exercice même de lecture et le plaisir d’avoir un livre entre les mains plutôt qu’un certain type de littérature: « Je lisais tout ce que je pouvais mettre la main dessus, la nuit aussi, ce qui n’était pas très favorable pour mes yeux. » Un objet pour lequel elle a donc toujours eu une très grande affection. Elle récupère d’ailleurs volontiers des livres, plutôt que de savoir leur destin de scellé.

En grandissant, elle se découvre plus manuelle que scolaire, se retrouvant plus souvent à peindre par terre qu’à apprendre par coeur ses cours. Le baccalauréat en poche, elle cherche alors la voie qui lui correspondrait le mieux. Un jour, sa mère lui fait part d’une rencontre avec une restauratrice de peinture: « Ah! C’est pour toi, faut que tu fasses ça! » Mais ne s’imaginant pas « croupir seule dans un atelier à travailler une année sur une toile », Carole creuse l’idée et découvre que la restauration de livres est également une activité à part entière qui existe au même titre. Elle trouve alors sa vocation. Durant ces six années d’études, elle touche à divers arts graphiques et commence par la restauration de papier. Après divers stages, dont un à l’étranger à Barcelone, elle reste quand même très désireuse de pouvoir travailler avec les livres, et c’est là qu’elle décide de se spécialiser également dans la reliure. Elle rencontre d’ailleurs un collègue étudiant qui vient de Fribourg, présage implicite?

À livre ouvert, à coeur ouvert

Pourquoi le nom « À livre ouvert » ? Carole m’explique qu’au début, elle pensait plutôt à un terme de l’histoire du livre. Mais de peur que cela sonne trop vieux ou que trop peu de personnes ne fassent le lien, elle opte pour ce nom plus parleur et personnel. Car en ouvrant son atelier, Carole cherche à créer quelque chose de dynamique, et cherche à éviter l’idée d’un atelier poussiéreux où seuls les connaisseurs osent franchir la porte. L’idée est justement d’encourager tout le monde à franchir cette porte d’entrée. Elle crée donc un petit espace boutique en vitrine afin d’attiser la curiosité des passants (et sur moi, ça a justement marché!).

Son métier, Carole y met tout son coeur et en retire toujours une « satisfaction incroyable ». Préférant travailler d’une traite afin de voir se concrétiser au plus vite le fruit de ses efforts, c’est avec beaucoup d’exigence et de méticulosité qu’elle effectue ses mandats. Bien entendu, comme pour tout métier, il y a des jours sans, mais Carole sait qu’à chaque fois qu’elle passe la porte en arrivant dans son atelier, elle a ce sentiment d’un « ah ouais, cool » dans la tête. Et voir la réaction des gens bluffés par le travail exécuté, même si elle, considère ne pas « avoir fait grand chose », lui apporte une très grande satisfaction et lui rappelle la beauté de l’artisanat qu’elle a choisi d’entreprendre.

Fribourgeoise car…

Carole est arrivée en Suisse pour s’établir avec son compagnon. Mais pour elle, il était capital qu’elle puisse s’établir dans une ville historique, qui a du cachet, une âme et une histoire: « J’ai besoin tous les jours de pouvoir me dire « c’est quand même une belle ville » lorsque je me promène. » C’est ainsi que Fribourg fut pour elle un choix très facile. En plus, me confie-t-elle,  « j’ai aucun sens de l’orientation, mais à Fribourg, impossible de me perdre. » Avec le quartier du Bourg bien dessiné qui descend rejoindre la Sarine faisant office de guide à travers la Basse-Ville, et avec la cathédrale comme point central de repère, difficile effectivement de s’y perdre. Dès son arrivée, Carole s’est tout de suite sentie attachée à la ville, mais aussi à ses habitants et leur accueil. Cette ville à l’échelle d’un village, mais où les gens ne jugent pas les changements d’habitude, comme cela peut parfois être le cas. En y étant alors très bien intégrée, et en étant en plus « protectrice de patrimoine », Carole est bien une Fribourgeoise, une artisane du Bourg, à votre service.